La bouche réagit aussi aux forces prolongées
Les dents et les structures qui les entourent se développent sous l’effet des forces exercées par les lèvres, les joues et la langue. La succion prolongée du pouce ou d’une tétine peut modifier cet équilibre. Elle a été associée, entre autres, à une béance antérieure — les dents de devant ne se touchent pas lorsque la bouche se ferme — ou à un articulé croisé postérieur — les dents du fond de la mâchoire supérieure se trouvent à l’intérieur de celles du bas à la fermeture.
L’odontopédiatre évalue la fréquence, la durée et l’intensité de l’habitude, ainsi que l’évolution de la bouche. Savoir que l’enfant utilise une tétine ne suffit pas. [S3]
Les âges guident une conversation
L’American Academy of Pediatric Dentistry recommande d’aborder ces habitudes tôt et de faire en sorte que l’habitude ait cessé à 36 mois. Dans sa recommandation sur les tétines, elle indique qu’une utilisation au-delà de 18 mois peut influencer le développement de la bouche et du visage. Ce sont des repères pour planifier et accompagner, pas une date qui diagnostique automatiquement une lésion. Le moment et la manière d’agir s’adaptent à chaque enfant. [S2]
La tétine et la succion du pouce ne s’accompagnent pas exactement de la même façon
Les deux peuvent influencer la position des dents, mais le pouce est toujours disponible et l’habitude peut être plus difficile à abandonner. La manière de téter compte aussi : le poser passivement dans la bouche ne représente pas la même activité qu’une succion intense. Si vous observez des changements sur les dents de lait ou avez des questions, il est utile de consulter sans attendre l’apparition des dents définitives. [S4]
Accompagner sans en faire un combat
Les reproches et les punitions peuvent accroître le mal-être et ne constituent pas une bonne stratégie pour abandonner l’habitude. Il est préférable de reconnaître les petits progrès, de proposer d’autres moyens de réconfort et d’adapter l’accompagnement à l’âge. Si une tentative suscite de la peur ou beaucoup de tension, interrompez cette tentative et parlez-en au professionnel qui suit l’enfant. [S5]
Pour préparer la consultation, vous pouvez noter pendant quelques jours les moments où l’habitude apparaît : à l’endormissement, lors de l’ennui, avec la fatigue ou dans la recherche de réconfort. Ces quelques notes ne constituent pas un test diagnostique ; elles servent à décrire une routine parfois difficile à se rappeler pendant la consultation.
Quelles informations apporter au contrôle ?
Trois questions peuvent structurer l’échange : observe-t-on des changements dans l’occlusion ? Quel objectif d’arrêt convient à l’âge et à la situation de l’enfant ? Comment l’accompagner à la maison ? Il s’agit de convenir d’une prochaine étape que la famille comprend et peut mettre en œuvre.
L’arrêt de l’habitude ne garantit pas que tous les changements se corrigeront seuls. Certaines situations nécessitent un suivi ou un traitement, décidé après l’évaluation de l’enfant. [S3] [S5] L’objectif est d’observer à temps et d’accompagner le développement de façon éclairée, sans culpabiliser la famille.
Sources pour approfondir
Documentation consultée
- [S2] American Academy of Pediatric Dentistry. Policy on Pacifiers. Revisión 2024; Reference Manual 2025, pp. 86–89.
- [S3] American Academy of Pediatric Dentistry. Management of the Developing Dentition and Occlusion in Pediatric Dentistry.
- [S4] American Dental Association / MouthHealthy. Thumbsucking.
- [S5] American Academy of Pediatrics / HealthyChildren. Baby Pacifiers & Thumb Sucking: What Parents Need to Know. Actualizado el 20/01/2026.

